Soutenance de thèse de Antoine Mendes
APMS Soutenance de thèse
Doctorant : Antoine Mendes (Université de Lille)
Titre de la thèse : Influence de la consommation chronique de cannabis sur la signalisation endocannabinoïde et les réponses métaboliques, musculaires et cognitives à l’exercice aigu
Direction de thèse : Serge Berthoin (Université de Lille, co-encadrement : François-Xavier Gamelin (Université de Lille)
Jury de thèse - Katia Collomp (Université de Paris-Saclay, rapporteur), Tony Jourdan (Université de Bourgogne Europe, rapporteur), Sébastien Dalle (Université d'Anvers, examinateur), Bertrand Baron (Université de La Réunion).
Pour assister à la soutenance : Le 14 décembre 2026, 14h, UFR3S-Département de médecine, salle des thèse n°2 - 2 Avenue Eugène Avinée, 59120, Loos
Résumé : La consommation chronique de cannabis, plus précisément de Δ⁹-tétrahydrocannabinol (Δ⁹-THC), induit une altération du système endocannabinoïde (SEC). Ce dernier est impliqué dans divers processus physiologiques, comme la plasticité cérébrale ou encore la régulation du métabolisme. Ces altérations pourraient limiter certaines réponses du SEC induites par l’exercice. Cette thèse examinait l’influence d’une consommation chronique de cannabis, sur la signalisation endocannabinoïde et les réponses métaboliques, musculaires et cognitives à l’exercice aigu. Deux études complémentaires ont été réalisées. Une première étude, CannaBex, avait pour objectif principal de comparer l’évolution plasmatique de l’anandamide (AEA) chez des consommateurs chroniques de cannabis (CC) et des non-consommateurs (NC), avant et après un exercice maximal et un exercice sous-maximal. Pour cela, plusieurs mesures qui associaient des dosages sanguins, des tests cognitifs et des évaluations métaboliques et hémodynamiques ont été réalisées. Une deuxième étude, CannaRex comparait la récupération musculaire sur 72 heures après un exercice inducteur de dommages musculaires. Des mesures de pic de couple isométrique et concentrique ont été réalisées sur un dynamomètre isocinétique afin d’observer l’évolution du niveau de force musculaire. Des prélèvements sanguins ont également été effectués. Dans CannaBex, aucune différence significative de réponse à l’exercice n’était observée entre CC et NC pour les endocannabinoïdes et les marqueurs circulants associés à la plasticité cérébrale. Les consommateurs présentaient une puissance maximale aérobie plus faible et une précision plus faible dans un test de mémoire de travail. Dans CannaRex, les valeurs relatives du pic de couple isométrique étaient plus élevées chez les CC immédiatement après l’exercice et à 72 heures. Aucune différence significative entre les groupes n’était observée pour le pic de couple concentrique, la douleur ou les marqueurs sanguins de dommages musculaires et de l’inflammation. Ces travaux ne confirment pas l’altération attendue de la réponse circulante de l’AEA ni une altération générale de la récupération musculaire. Ils soulignent la nécessité de distinguer les réponses biologiques circulantes et les performances fonctionnelles.