Soutenance de thèse de Angéline Melin
APMS Soutenance de thèse
Doctorante : Angéline Melin (Université de Lille)
Titre de la thèse : Complexité des réponses glycémiques à l’exercice : influence de l’environnement, des conditions et des caractéristiques de l’exercice chez les personnes vivant avec un diabète de type 1
Direction de thèse : Elsa Heyman (Université de Lille)
Jury de thèse - Danusa Dias-Soares (Universidade Federal de Minas Gerais, Brésil, rapporteur), David Thivel (Université Clermont Auvergne, rapporteur), Laurent Bosquet (Université de poitiers, exmainateur), Sylvia Franc (Université Paris-Saclay, Évry, France, exmainateur)
Pour assister à la soutenance : le 8 juin 2026 à 10h, amphi 7, Pôle Formation département de médecin, Avenue Eugène Avinée, 59120 Loos
Résumé : L’activité physique constitue un déterminant majeur de santé et d’équilibre glycémique chez les personnes vivant avec un diabète de type 1. Elle expose toutefois à un risque aigu de dysglycémie. Si la littérature s’est historiquement concentrée sur la prévention de l’hypoglycémie induite par l’exercice, le risque d’hyperglycémie et, plus largement, les fluctuations des réponses glycémiques selon les situations d’effort demeurent encore insuffisamment documentées. Les interactions entre les caractéristiques de l’effort, le moment de sa réalisation, l’état prandial, l’insuline circulante ou encore l’environnement restent ainsi mal comprises. Dans cette perspective, cette thèse avait pour objectif, à travers trois études complémentaires, de mieux comprendre les réponses glycémiques à l’activité physique chez des personnes vivant avec un diabète de type 1 dans différents contextes. Une première étude observationnelle, menée dans la vie quotidienne, montre que les réponses glycémiques à l’exercice ne dépendent pas uniquement de la pratique sportive structurée, mais également de l’activité spontanée cumulée au cours de la journée. Ainsi, une accumulation d’activité physique modérée à intense en fin d’après-midi était associée à une diminution de l’hyperglycémie concomitante. De même, le fait d’avoir été actif auparavant ou d’avoir réduit ses apports en glucides avant la séance semblait atténuer l’hyperglycémie pendant l’exercice. Un bolus d’insuline administré plus près du début de l’effort tendait également à limiter l’hyperglycémie. Par ailleurs, une durée de séance plus importante, ainsi qu’une accumulation d’activité physique intense l’après-midi, augmentaient le risque d’hypoglycémie, notamment au cours de la nuit suivante. Au regard de l’importance des facteurs ’intensité de l’activité physique’ et ‘moment de l’exercice par rapport au dernier bolus d’insuline’, mis en évidence dans la première étude, une deuxième étude, menée en laboratoire s’est centrée sur l’analyse de leur interaction. Selon un plan randomisé croisé, nous avons comparé, à durée et charge mécanique égales, un exercice aérobie intermittent intense à un exercice continu modéré, réalisés en conditions postabsorptives et postprandiales. Malgré un stimulus physiologique plus important, l’exercice intermittent intense limitait davantage la baisse de la glycémie à l’effort, en particulier lorsqu’il était réalisé à l’état postabsorptif, ce qui suggère un rôle déterminant de la proximité du dernier repas et de l’insulinémie associée. Il permettait également de réduire le risque d’hypoglycémie au cours des 24 heures suivant l’exercice. Dans une troisième étude, menée sur le terrain à différentes altitudes, nous nous sommes intéressés aux effets interactifs d’efforts prolongés et répétés lors d’expositions aiguës à l’hypoxie hypobare sur la réponse glycémique. Nos résultats préliminaires suggèrent que le risque de cétose est augmenté à la fois par l’effort et par l’altitude. En éclairant les déterminants des réponses glycémiques à l’exercice, ces travaux s’inscrivent dans une démarche visant à améliorer la sécurité des personnes vivant avec un diabète de type 1 et à renforcer leur adhésion à une pratique d’activité physique, dans des situations allant de la vie quotidienne à des conditions plus extrêmes, telles que l’hypoxie hypobare.