Soutenance d'HDR de Stanislas Frenkiel

SHERPAS Soutenance de HDR

« Devenir un passeur en STAPS. Contribution à l’histoire des vulnérabilités sportives : les liens sociaux à l’épreuve de la (dé)colonisation et de l’immigration »

Soutenance d'habilitation à diriger des recherche de Stanislas Frenkiel, Maître de conférences à l'Université d'Artois

Titre : Devenir un passeur en STAPS. Contribution à l’histoire des vulnérabilités sportives : les liens sociaux à l’épreuve de la (dé)colonisation et de l’immigration 

Garant de l'HDR : Nicolas Bancel (Professeur Ordinaire, Université de Lausanne)

Jury de thèse : Ahmed Boubeker (Professeur, Université Jean Monnet Saint-Étienne, Rapporteur), Amar Mohand-Amer (Directeur de Recherche, Centre de Recherche en Anthropologie Sociale et Culturelle d’Oran, Rapporteur), Williams Nuytens (Professeur des Universités, Université d’Artois, Examinateur), Malika Rahal (Directrice de Recherche HDR au CNRS, Directrice de l’Institut d’Histoire du Temps Présent, Rapportrice),Thierry Terret (Professeur des Universités, Directeur de l’Institut National Supérieur du Professorat et de l’Éducation de l’Académie de Lyon, Examinateur)

Soutenance :  Le mardi 16 juin 2026 à 14h00 (pour le confort de toutes et tous, l’accès sera possible jusque 13h55) dans l’amphithéâtre Jacques Sys (Bât. K) de l’Université d’Artois (9, rue du Temple - 62000 Arras).

Résumé : 

Le travail présenté dans ce dossier d’Habilitation à Diriger des Recherches « Devenir un passeur en STAPS, contribution à l’histoire des vulnérabilités sportives : les liens sociaux à l’épreuve de la (dé)colonisation et de l’immigration » s’inscrit dans un champ de recherche au carrefour des STAPS, de l’histoire contemporaine, de l’histoire de l’immigration et de l’histoire (post-)coloniale. Il repose sur quatre volumes.

Le premier volume « Recevoir la balle, dribbler et passer » propose un retour réflexif sur la construction de mon identité d’enseignant, de chercheur et de vulgarisateur. Ce parcours de quarante-trois années intègre héritages, chances, cohérences, désirs, choix, contraintes, difficultés et besoins d’innover. Dans cet essai d’ego-histoire dévoilant la construction d’une carrière universitaire, les différentes socialisations (scolaire, sportive, intellectuelle et professionnelle) sont analysées avant, pendant et après mes expériences doctorales et postdoctorales en France et à l’étranger et mon recrutement à l’UFR STAPS de l’Université d’Artois en 2015. La fabrique du goût pour le biographique, l’attrait pour la prosopographie et le lien à l’Algérie demeurent trois constantes de mon engagement marqué par des mobilités thématiques et géographiques. Plus qu’un simple « retour à soi », ce document inédit revient donc sur un cheminement d’historien, artisan, investi, farouchement attaché au partage et la diffusion collective des résultats de recherche. Au-delà de mes recherches académiques, pour sortir de l’entre-soi universitaire et valoriser les sportifs issus de l’immigration africaine et postcoloniale, j’opte pour trois directions : l’engagement bénévole dans l’association Nouveaux Regards Network (loi 1901) via des conférences-débats en milieu carcéral, la création de la première chaîne YouTube d’histoire du sport et de l’EPS « Temps de sport » et l’écriture d’un spectacle sur l’histoire des footballeurs professionnels en France. Dans ce premier volume, mes productions individuelles et collectives sont chronologiquement présentées et révèlent une lente acculturation à l’histoire du sport et ses outils théoriques et méthodologiques. Le lecteur pourra ainsi mieux comprendre l’élaboration de ce second volume original de cette HDR présentant des perspectives pour les années à venir.

Le second volume « Jouer dans l’intervalle et gagner du terrain » livre des perspectives d’approfondissement des travaux entrepris via un programme de recherche mobilisateur : « Histoire du sport, vulnérabilités, (dé)colonisation et immigration ». De nouveaux horizons de recherche empiriques et théoriques sont dévoilés. Prolongeant ma contribution à l’histoire des vulnérabilités sportives et à l’étude des liens sociaux à l’épreuve de la (dé)colonisation et de l’immigration, deux axes thématiques seront dégagés laissant des espaces encore non investigués. Ces deux horizons sont « historiciser le passage hypothétique de liens communautaires à sociétaires chez les sportifs des Hauts-de-France issus de l’immigration (1900-2024) » et « reconstruire la généalogie coloniale du triomphe de l’indépendance grâce aux activités physiques et sportives en Algérie (1875-1962) ». Ils se déploient en six terrains de recherche détaillés et problématisés dont deux prioritaires et quatre possibles à plus long terme. Dans ce cadre, je reviens dans ce manuscrit sur un projet de recherche inédit consacré à l’histoire méconnue du Centre d’Entraînement des Moniteurs de la Jeunesse d’Algérie (CEMJA) et des cemjistes d’Issoire (1957-1962). S’inscrivant dans une démarche intégrationniste coloniale, désigné comme un « centre d’action psychologique », il est créé rapidement dans un contexte d’urgence et de rapprochement des instances civiles et militaires qui suit la Bataille d’Alger. Les milliers de cemjistes, c’est-à-dire les moniteurs sportifs formés à Issoire, constituent une grosse partie du contingent des futurs foyers et centres du Service de Formation des Jeunes en Algérie créé en 1958. Lors de cette « guerre sans nom », le CEMJA d’Issoire est certainement une expérience unique menée par les pouvoirs publics, civils et militaires, sur un territoire en état de guerre, au titre d’une action dite de « pacification ». Pourquoi et comment devient-on cemjiste ? Quelles sont les conditions de vie à Issoire ? Quelle éducation physique et sportive est prônée ? Que deviennent les cemjistes une fois leur formation terminée, en France et en Algérie, avant et après 1962 ? Autant de questions auxquelles je tenterai de répondre. L’enjeu de cette monographie de ce centre méconnu est d’abord de reconstruire les trajectoires de ses membres, notamment grâce au recueil et l’interprétation de sources orales originales.

Le troisième volume « Tirer et parfois inscrire des buts » rend compte des différentes dimensions du métier d’enseignant-chercheur via un curriculum vitae détaillé suivi d’un recueil de treize publications académiques choisies et classées chronologiquement. Elles ont vu le jour depuis plus de vingt ans à travers trois ouvrages et dix articles dans des revues nationales et internationales, certaines indexées. Le quatrième volume « Se souvenir des belles choses » est un cahier légendé reposant sur 31 photographies et images « marquantes ». Cet album subjectif revient sur les rencontres et projets universitaires et associatifs qui ont influencé ma trajectoire.

Le quatrième volume « Se souvenir des belles choses » est un cahier légendé reposant sur 31 photographies et images « marquantes ». Cet album subjectif revient sur les rencontres et projets universitaires et associatifs qui ont influencé ma trajectoire.